Introduction à Antonio Gramsci

George HOARE, Nathan SPERBER

Journaliste et militant, Antonio Gramsci arrive à la tête du Parti communiste italien dans les années 1920, puis est arrêté et condamné à vingt ans de prison par le régime fasciste. Il s’éteindra dix ans plus tard, non sans avoir laissé à la postérité ses Cahiers de prison, plus de 2 000 pages manuscrites d’incursions intellectuelles aussi audacieuses que profondes sur l’histoire, la culture, la politique ou la révolution.
Ce livre commence par retracer la trajectoire biographique d’Antonio Gramsci, avant d’aborder la conception gramscienne de la vie culturelle et des intellectuels, puis sa réflexion politique avec les notions clés de « société civile », de « guerre de mouvement/position », de « révolution passive » et de « césarisme ». Des éléments de philosophie gramscienne sont présentés, dont l’affirmation selon laquelle « tout homme est un philosophe », l’approche du « sens commun » et la reconstruction du marxisme comme « philosophie de la praxis». Ainsi sont posés les jalons qui conduisent à la notion d’« hégémonie », idée force qui contient et approfondit les autres apports majeurs de la pensée gramscienne.
Celui-ci n’est pas seulement un auteur classique des sciences sociales ; c’est aussi un passage obligé en vue d’une élucidation critique du capitalisme contemporain.

Version papier : 10 €
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Détails techniques
Collection : Repères n°613
Parution : février 2013
ISBN : 9782707170101
Nb de pages : 128
Dimensions : 120 * 190 mm

George HOARE

George Hoare enseigne la philosophie politique à l’université d’Oxford, Hertford College. Il a obtenu son doctorat à l’université d’Oxford, Nuffield College, en 2011. Sa recherche actuelle porte sur l’histoire de la pensée marxiste.

Nathan SPERBER

Nathan Sperber est enseignant au département de sociologie de l’université Fudan à Shanghai. En parallèle, il fait une thèse en sociologie économique à l’EHESS.

Extraits presse

Élu député en 1924, à seulement trente-trois ans, avant de devenir l’année suivante secrétaire général du tout jeune Parti communiste italien, Antonio Gramsci est emprisonné en 1926 par le régime fasciste. Infatigable militant et journaliste, animateur de la publication l’Ordine nuovo, engagé dans le mouvement des conseils d’usine à Turin en 1919-1920, son combat prend, en détention, un tour nécessairement plus théorique. Mais quelle théorie ! Au croisement de la culture et de la politique, son concept d’hégémonie, qui présente l’exercice du pouvoir comme une affaire de consentement autant que de coercition, a essaimé dans de nombreux domaines de recherche, notamment les cultural studies (études culturelles), apparues dans le monde anglo-saxon au début des années 1960. 
Et c’est l’un des nombreux mérites du présent ouvrage que de présenter ces prolongements.
En France, Antonio Gramsci reste en revanche peu étudié. Les 2 248 pages manuscrites de ses Cahiers de prison sont certes intégralement disponibles, mais elles ont été publiées « au tournant des années 1980, c’est-à-dire au début d’un cycle antimarxiste de la vie intellectuelle française », font remarquer George Hoare et Nathan Sperber, respectivement philosophe et sociologue. Un autre mérite de la démarche des auteurs est là, en creux : montrer le lien profond entre les Cahiers et le marxisme, entre Gramsci et Marx, là où d’autres, comme Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, l’ont édulcoré. Dans leur ouvrage commun de 1985, Hégémonie et stratégie socialiste, ces auteurs postmarxistes se réclamaient de Gramsci pour remettre en question la centralité de la lutte des classes, au profit des revendications sociétales. En pédagogues, George Hoare et Nathan Sperber expliquent cette approche par une volonté de « se donner les moyens de concevoir l’hégémonie comme ouverture maximale des possibles ». Mais ils rappellent aussi que Gramsci n’était pas moins critique envers le « volontarisme » et le « spontanéisme » qu’envers le déterminisme économique. Ainsi notait-il, en philosophe, dans son Cahier de prison n°13 : « Une erreur commune dans les analyses historico-politiques consiste à ne pas savoir trouver le juste rapport entre ce qui est organique et ce qui est conjoncture. (…) Dans un cas, on surestime les causes mécaniques ; dans l’autre, on exalte l’élément volontariste et individuel. » L’ouvrage pédagogique de Hoare et Sperber donne toutes les clés pour explorer cette pensée qui reste d’actualité.

15/02/2013 - Laurent Etre - L'Humanité

 

Les deux auteurs, George Hoare de l’université d’Oxford et Nathan Sperber de l’université de Fudan (Shangai), ont produit un petit ouvrage qui ne déroge pas à la règle de la collection : à la fois dense et clair, ce livre dépasse par bien des points la portée d’une simple introduction. Dépourvu de jargon, Introduction à Antonio Gramsci présente outre une biographie intellectuelle succincte de l’homme, les principaux concepts de son œuvre mais aussi, bien que brièvement, la postérité de cette dernière.

06/03/2013 - Benjamin CARACO - Non fiction

 

« Nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner pendant 20 ans » dit Mussolini à la suite de l’incarcération d’Antonio Gramsci en 1926. Secrétaire du Parti communiste italien et chef de son groupe parlementaire, il est effectivement jugé pour conspiration et condamné à vingt ans d’emprisonnement. Pendant onze années, jusqu’à son décès en 1937, il noircit plus de deux mille feuillets qui constitueront la matière de son œuvre, tout entière contenue dans les Cahiers de prison. Le grand mérite de George Hoare et de Nathan Sperber est de mettre de l’ordre dans ce texte foisonnant et souvent obscur afin d’en proposer une lecture claire et didactique. En cinq chapitres, les auteurs parviennent à montrer que Gramsci ne se réduit pas à son image de « martyr fasciste » ou encore de « penseur marxiste », mais accède pleinement au statut de « classique » des sciences humaines. Si la réception de son œuvre reste encore timide en France, elle est à l’origine de disciplines nouvelles et particulièrement florissantes dans les pays anglo-saxons : Subaltern studies, Cultural studies, approche gramscienne des relations internationales, etc.

06/03/2013 - David Bisson - Liens socio

 

Vidéos


jeudi 7 mars 2013
Geor200HOARE, Nat167 SPERBER - Introduction  Antonio Gramsci aux ditions La Decouverte


 

Table des matières

Introduction
I / La trajectoire d'Antonio Gramsci

Les origines : Antonu su Gobbu
Une jeunesse turinoise
Le journaliste et le militant -L’Ordine nuovo
L’homme du Parti
La prison et les Cahiers
II / L’organisation de la culture
La culture selon Gramsci
Les intellectuels
La place des intellectuels dans la société - L’intellectuel organique et l’intellectuel traditionnel - L’intellectuel dans les luttes politiques
L’éducation
Une problématique omniprésente - Les querelles de l’école - Dialectique du conformisme et de la spontanéité
Le journalisme
La presse bourgeoise entre domination et pédagogie - Le « journalisme intégral »
III / La pensée du politique
Qu’est-ce que le politique ?
La société civile, la société politique et l’État
Définitions délicates - Est et Ouest - Guerre de mouvement et guerre de position
Interpréter la modernité politique
De l’histoire à la théorie : la méthode inductive - L’ère de la révolution-restauration - La révolution jacobine nationale-populaire - Le Risorgimento comme « révolution passive » - Trasformismo et molécularité - Épisodes conjoncturels et crises organiques - Le césarisme
Le Prince moderne
Qu’est-ce qu’un parti ? - Le Prince moderne : l’incarnation de la révolution - Un organisme vivant - Les deux écueils de la stratégie révolutionnaire
IV / Idéologie et praxis (philosophie de Gramsci)
« Tout homme est un philosophe »
Qu’est-ce que l’homme ? - Philosophie et politique au quotidien
L’approche du sens commun
Le « folklore de la philosophie » - Une épistémologie pragmatiste
Qu’est-ce que l’idéologie ?
Une méthodologie du social
Point de départ : la métaphore marxienne - Critique de l’économisme - Point d’arrivée : le bloc historique
La philosophie de la praxis
Contre le matérialisme, contre l’idéalisme - L’« historicisme absolu » - La révolution du sens commun

V / L’hégémonie
L’hégémonie : l’exercice d’un leadership
Les origines - Projets politiques - Consentement et coercition

L’hégémonie : un procès cognitif et moral
Une culture en formation - L’État éthique - La conscience hégémonique, ou catharsis
Les étapes historiques de l’hégémonie
L’État pré-hégémonique - L’hégémonie bourgeoise - De l’hégémonie prolétarienne à la « société réglée »
Conclusion
Repères bibliographiques.

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