L'intérim

Dominique GLAYMANN

On estime à deux millions le nombre d’intérimaires dont les missions représentent chaque année en France l’équivalent d’environ 600 000 emplois à temps plein. Parallèle à la montée du chômage de masse et d’autres types d’emplois non durables, l’essor considérable du travail en intérim intervenu depuis le milieu des années 1970 a fait des entreprises de travail temporaire l’un des premiers employeurs privés du pays. Né comme une forme d’emploi temporaire de remplacement, l’intérim est devenu un outil de flexibilité auquel la loi a progressivement reconnu un rôle de plus en plus large.
Comment fonctionne le travail intérimaire ? Pourquoi un nombre croissant d’entreprises et de salariés y recourent-ils ? Est-ce un choix ou une contrainte ? Quels effets l’intérim produit-il sur le rapport au travail et sur le mode de vie ? Comment expliquer la mutation du système d’emploi dont participe la poussée de l’intérim ? Vivons-nous la généralisation d’une instabilité aliénante due à l’explosion sans limites des emplois précaires ou l’émergence d’une mobilité épanouissante faite de transitions choisies ?

Version papier : 10 €
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Détails techniques
Collection : Repères n°475
Parution : février 2007
ISBN : 9782707149541
Nb de pages : 128
Dimensions : 110 * 180 mm
Façonnage : Broché

Dominique GLAYMANN

Dominique Glaymann est sociologue au Largotec (Laboratoire de recherche sur la gouvernance : territoires et communication, AEI, université Paris-XII), il est aussi chercheur associé au centre Pierre-Naville (université d’Évry). Il enseigne la sociologie et l’économie à l’université Paris-XII-Créteil. Il a publié La Vie en intérim (Fayard, 2005).

Extraits presse

« Au-delà de la mis à plat du fonctionnement du travail intérimaire, le sociologue Dominique Glaymann, dans un petit livre bien documenté et pratique de la collection Repères, pose la question de la mobilité professionnelle, "recherchée tantôt par les employés , tantôt par les employeurs". »
SYNDICALISME HEBDO

« Enfin un livre de synthèse ! Et un bon livre de synthèse, même si il fait preuve d'un certain pessimisme sur une réalité sociale qui symbolise "les formes particulière d'emploi" qui se sont beaucoup développées dans la plupart des pays de vielle industralisation. [...] L'auteur met, à juste titre, l'accent sur le fait, trop souvent occulté, que l'intérim est en fait le produit d'un "sous-emploi invisible qui tend à durer": incertitude, précarité et souvent déclassement lui sont en quelque sorte consubstantiels. Annonce -t-il le futur du système d'emploi ? Il est au moins, estime l'auteur, l'amorce d'un nouveau rapport salarial qui, sous couvert de "flexicurité" risque fort de généraliser la "flexiprécarité". Une analyse critique, mais sans doute réaliste. »
ALTERNATIVES ECONOMIQUES

« Comme les autres contrats précaires, l'intérim va connaître un essor massif. A la fin des années 1960, il représente 150 000 équivalents temps plein, contre 600 000 en 2005, soit environ 2 millions de personnes. Pourquoi cette progression ? Quels effets produit l'intérim sur le rapport au travail et sur le mode de vie ? Son instabilité est-elle choisie ou subie ? L'auteur, sociologue, tente de répondre à ces questions. »
LE MONDE ÉCONOMIE

PRESSE

 

Table des matières

Introduction - L'intérim a connu un essor spectaculaire depuis trente ans - Un système de relations entre trois catégories d'acteurs - Un essor qui éveille la curiosité - I / La montée en puissance de l'intérim en France - Qui sont les intérimaires ? - Une majoirté d'hommes jeunes - Des salariés plutôt qualifiés - Une forte population sectorielle et régionale - La hausse des effectifs de l'intérim et de l'emploi « atypique » - Les effectifs de l'intérim multipliés par cinq en trente-cinq ans - Un phénomène structurel - La montée des « formes particulières d'emploi » - L'élargissement progressif des fonctions - Première phase : l'intérim naissant s'adaptet à l'emploi fordiste - Deuxième phase : l'intérim se diversifie et contribue à la flexibilisation - Troisième phase : l'intérim creuse sa place dans l'emploi fordiste - Les étapes de la réglementation - L'intérim toléré jusqu'à la loi de 1972 - 1972-2005 : la phase de l'intérim déborde du cadre fixé par la loi - 2005: le pas décisif de la loi Borloo - II / Le rôle des parties prenantes de l'essor de l'intérim - Du côté des intérimaires : une contraint plus qu'un choix - Les raisons du passage à l'intérim - Une autonomie de choix variable - Des raisons aux objectifs - Du côté des entreprises - Pourquoi les firment recourent-elles au travail intérimaire ? - Le rôle majeur des entreprises de travail temporaire et de leurs organisation professionnelles - La position des syndicats de salariés - Les syndicats pris en tenaille - III / Vivre en intérim - Une attraction paradoxale - L'absence d'engagement - La « libre » gestion du temps - La mobilité, un contrepoids plutôt illusoire à la subordination salariale - Des discours révélateurs de domination et d'aliénation - Une forme de sous-emploi visible et invisible - En majorité, les intérimaires sont en sous-emploi visible - L'intérim : un sous-emploi invisible qui tend à durer- Une précarité pesante - Un emploi précaire par nature - L'instabilité et l'incertitude, source de multiples difficultés - L'image sociale et l'identité professionnelles dégradées - Des liens fragiles - Adaptation, résignation, resilience... - IV / Essor de l'intérim et transformations de l'emploi - Une extension encore en cours, mais limitée à terme - Tous intérimaires demain ? - Gérer en permanence diverses transitions - Les cas des intérims féminins ; junior et senior : une anticipation de l'avenir ? - « Flexisécurité » ou « flexiprécarité » ? - Une composante et un révélateur de l'évolution de l'emploi - La transformation des normes de l'emploi et leur légitimation - La « marchéisation » du système de l'emploi - Un nouveau rapport salarial ? - Liste des sigles et abréviations - Repères bibliographiques.