Économie du patrimoine culturel

Françoise BENHAMOU

Le patrimoine culturel est l’objet d’un engouement collectif dont témoigne le succès des Journées européennes du patrimoine. Son champ ne cesse de s’étendre, et il revêt une dimension immatérielle et symbolique qui en fonde la valeur. L’analyse économique du patrimoine permet d’explorer les déterminants de la demande, de prendre la mesure des coûts de la conservation et de la mise à disposition des publics, d’évaluer la pertinence des aides en direction des propriétaires privés de monuments protégés. Elle montre que les modes de financement ne sont jamais indifférents aux stratégies des établissements culturels.
Ce livre met en évidence et discute l’importance des retombées économiques du patrimoine. Il décrit et analyse les politiques patrimoniales jusque dans leur dimension internationale. Entre objet de culte et objet menacé (usure du temps, négligence et violence), le patrimoine doit une part de l’attention qui lui est accordée à sa dimension économique. Ce livre montre qu’il ne faut ni la négliger ni la surestimer.

Version papier : 10 €
Version numérique : 9,99 €
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Détails techniques
Collection : Repères n°600
Parution : mai 2012
ISBN : 9782707171566
Nb de pages : 128
Dimensions : 120 * 190 mm
ISBN numérique : 9782707189356

Françoise BENHAMOU

Françoise Benhamou est agrégée de sciences sociales et agrégée de sciences économiques. Professeur des universités, elle enseigne en outre à l’Institut national du patrimoine, à l’Institut national de l’audiovisuel, à Sciences Po Paris, ainsi que dans diverses universités étrangères. Elle est membre du conseil d’administration et du conseil scientifique du musée du Louvre, ainsi que du Cercle des économistes, et préside l’ACEI (Association for Cultural Economics International). Elle a rejoint le collège de l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) en janvier 2012. Elle est l’auteur de nombreux articles, livres, rapports sur l’économie de la culture et des médias, et, dans la collection « Repères », de L’Économie de la culture (2011, 7e éd.) et de Droit d’auteur et copyright (2009, nouv. éd., avec Joëlle Farchy).

Extraits presse

Dans le sillage des travaux de Françoise Choay sur l’inflation patrimoniale (l’Allégorie du patrimoine) et le flou de la notion (la quasi-totalité du budget du ministère de la Culture est désormais consacrée au patrimoine, dont l’architecture est considérée come une branche sur le plan administratif), Françoise Benhamou se penche en économiste sur la consommation patrimoniale (à savoir l’estimation de la valeur et du consentement à payer), sur les coûts de la conservation et des services patrimoniaux, et elle propose une critique des indicateurs d’attractivité culturelle et des politiques patrimoniales marquées par le benchmarking des villes touristiques. Mais ses analyses les plus originales portent sur le patrimoine immatériel (« un temps pensée comme une solution à la conservation de documents périssables, la numérisation montre ses limites… ») et sur la mondialisation patrimoniale alimentée par le label Unesco et la vente de marques qui font par exemple d’Abou Dhabi un « Louvre des sables ». Pour ne pas être vouée au bricolage ou au détournement, la politique patrimoniale doit être en interaction avec l’environnement économique et social et ne pas céder aux contraintes d’un tourisme de masse qui en révère d’autant plus la dynamique qu’il est déconnecté des populations et hors contexte.

01/06/2012 - Olivier Mongin - Esprit

 

Parce que le patrimoine culturel (monuments, produits de l'art, archives, savoir-faire…) engendre des revenus, des externalités positives (la valorisation d'un territoire par exemple), mais aussi négatives (des coûts d'entretien, etc.), parce qu'il repose sur des modèles de financement plus ou moins sophistiqués (combinant gratuité, billetterie, droits de propriété intellectuelle, locations…), il ne pouvait pas laisser indifférents les économistes. De fait, l'ouvrage, et ce n'est pas le moindre de ses intérêts, fait découvrir l'abondante littérature que ceux-ci lui ont consacré. Mais bien des spécificités du patrimoine culturel restreignent l'exercice d'une pure rationalité économique : par exemple, le principe d'inaliénabilité des collections publiques qui soustrait des oeuvres à la loi de l'offre et de la demande. Jusqu'où faut-il conserver pour ne pas contrarier le développement d'un territoire ? Dans quelle mesure faut-il solliciter les générations futures ? Telles sont quelques autres des questions abordées dans ce livre, qui rappelle utilement que le patrimoine culturel est aussi un enjeu de société, voire un enjeu planétaire (cf. les débats autour d'un droit d'ingérence patrimoniale, également abordés, en conclusion).

01/06/2012 - Sylvain Allemand - Alternatives Economiques

 

Françoise Benhamou est une des grandes spécialistes de l’économie de la culture. Elle traite depuis de longues années de ces complexes sujets que l’actualité impose à sa réflexion scientifique : le droit d’auteur, le prix des œuvres, prix unique du livre ou prix du marché de l’art, plus récemment, les implications du numérique sur le secteur culturel. C’est pourquoi ce titre d’ « Économie du patrimoine culturel » est important, surtout pour un ouvrage de mise au point (le titre est publié par La Découverte dans sa collection « Repères ») : il souligne une évolution dès son intitulé, insistant à la fois sur l’importance économique qu’a pris le patrimoine culturel et sur le fait qu’il soit aujourd’hui, de ce fait, au centre de réflexions sur la croissance.

04/06/2012 - Camille Dorignon - Liens socio

 

Vidéos


15-16 septembre 2012
Franoise BENHAMOU - conomie du patrimoine culturel aux ditions La Decouverte


 

lundi 27 janvier 2014

Françoise Benhamou - La matinale par francemusique


 

mercredi 8 janvier 2014
Franoise BENHAMOU - conomie du patrimoine culturel aux ditions La Decouverte


 

Table des matières

Introduction
I / Les territoires fluctuants du patrimoine

Les origines de la tentation patrimoniale
Un mot-valise ?
Une notion polysémique - Du patrimoine tangible au patrimoine intangible - Les valeurs du patrimoine
Faut-il tout conserver ? L’inflation patrimoniale
Les caractéristiques économiques du patrimoine
Des biens uniques - Des biens publics - Des biens générateurs d’externalités - Des droits de propriété partagés
II / La « consommation » de patrimoine
Une consommation faiblement populaire
Interdépendances de consommation et star-system patrimonial
L’estimation de la valeur et du consentement à payer
La méthode des valeurs contingentes - La méthode par les coûts de déplacement - La méthode des prix hédoniques
La question de la tarification
L’élasticité prix de la dépense - La variété des politiques tarifaires - Gratuité et démocratisation. Un débat récurrent, des résultats biaisés
III / Les coûts de la conservation et des services patrimoniaux
Les coûts de la conservation
Le patrimoine monumental et la « maladie de Baumol »
La gestion des services patrimoniaux. Un pari toujours difficile
La singularité et la diversité des projets de valorisation - La mise en réseau - Les politiques de marques - La valorisation par les droits de propriété intellectuelle
La fragilité des modèles économiques
Des recettes insuffisantes pour couvrir les besoins de fonctionnement - Le risque de dénaturation du patrimoine - La gestion du tourisme de masse
Les coûts de conservation et d’accès du patrimoine immatériel
Les stratégies de numérisation entre coopération et confrontation - La numérisation, avenir de la sauvegarde ou illusion collective ?
IV / Les retombées économiques du patrimoine
L’emploi patrimonial
Des effets multiplicateurs ?
La mesure des retombées - Le poids du tourisme dans l’économie mondiale - L’effet Guggenheim
Le multiplicateur, miroir aux alouettes ?
Des externalités négatives ? Le patrimoine entre muséification et destruction à des fins de modernisation
Vers des indicateurs d’attractivité culturelle
V / Les politiques patrimoniales
La décision de conserver
La définition du périmètre de la conservation - Le juste niveau de la décision. Des financements centraux ou locaux ? - L’inaliénabilité du domaine public
Les formes et les montants de l’intervention publique
Le problème du « passager clandestin » - La dépense publique patrimoniale. Le montant de l’effort public en France - La production de normes et de standards de conservation - Les incitations fiscales aux propriétaires privés
L’analyse économique des dispositifs d’aide et de protection
Risque moral, effet d’aubaine et effet sur la répartition des patrimoines - L’évaluation de l’effet du classement sur le prix des biens comme légitimation économique de la subvention - L’évaluation de l’effort consenti
Le mécénat et la loterie, substituts de l’effort public ?
VI / Le patrimoine, bien public global
La notion récente de bien public global
Les enjeux de la notion de patrimoine mondial
Une volonté politique - La dimension économique de la labellisation - Patrimoine et développement. Espoirs ou désillusions ?
Circulation du patrimoine et restitution
Faut-il restituer les œuvres d’art ?
Le patrimoine menacé
Une logique de l’urgence
Vers un « droit d’ingérence » patrimonial ?

Conclusion
Repères bibliographiques.

Droits étrangers

AN ECONOMY OF CULTURAL HERITAGE




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